
Vous avez sans doute entendu parler de
cette étude française qui a montré que soit disant, le poker diminuerait les risques de survenue de la maladie d'Alzheimer ? Il semblerait que les journaux ayant relayés l'information soient allés un peu vite en besogne !
En effet, après lecture intensive de l'article dans ses moindres détails, je peux vous affirmer que pas une seule fois le poker n'est réellement mentionné dans cette étude !
Les auteurs de cette enquête épidémiologique ont essayé de démontrer que la pratique de
certaines activités de loisir pourraient faire diminuer le risque de développer une démence ou une maladie d'Alzheimer. Pour ce faire, ils ont recruté 5698 personnes de plus de 65 ans dans deux villes françaises (Dijon et Montpellier ) entre 1999 et 2001.
Les chercheurs ont ensuite interrogé les cobayes sur la fréquence à laquelle ils pratiquaient telles ou telles activités. Différents groupes d'activités étaient pris en compte :
- les activités dites « stimulantes » : faire des mots croisés,
jouer aux cartes, aller au théâtre ou au cinéma, pratiquer une activité artistique...
- les activités dites « sociales » : aller rendre visite ou recevoir des amis...
- les activités dites « physiques » : faire une promenade, jardiner...
- les activités dites « passives » : regarder la télévision, écouter la radio, de la musique...
Comme vous pouvez le constater la liste est longue et pas une trace de poker là dedans ! Les participants à l'étude étaient ensuite suivis pendant quatre ans par des neurologues, des psychologues, et étaient soumis à une batterie de tests, tous validés scientifiquement, afin de détecter si oui ou non ils développaient une démence ou une maladie d'Alzheimer.
Les chercheurs ont effectivement montré que
pratiquer une activité « stimulante », au moins deux fois par semaine, diminuerait d'environ 50% le risque de développer une de ces deux atteintes neurologiques. Ce résultat n'a pas pu être démontré dans les autres groupes d'activités.
Cette corrélation semble en effet exister mais elle ne s'applique qu' à un seul groupe d'activités. Qui plus est, ce groupe a été pris en compte dans son ensemble et non de manière individuelle, activité par activité. Or, dans ce groupe qui compte six items différents, on trouve effectivement une catégorie « jeux de cartes » mais rien n'est précisé sur les types de jeux considérés. Compte tenu de la tranche d'âge et sans vouloir blesser personne, il semblerait que ce soit le bridge qui ait plus la cote que le poker auprès de nos aïeuls.
Cette étude très rigoureusement menée par ailleurs, apporte des résultats très intéressants lorsque l'on prend le temps de les replacer dans leur contexte. C'est l'interprétation un peu rapide de ces résultats et la tentation de les faire coller à l'engouement actuel des français pour le poker qui est moins compréhensible.