
Comme toujours, Chip Lead suit l’actualité pour essayer de la décrypter et de l’analyser pour vous. Ce mardi 21 juillet, M. Woerth a défendu son projet devant la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Et certaines décisions laissent plus que perplexes… Ce n’est un secret pour personne, la presse nationale, qu’elle soit généraliste ou spécialisée a relayé cette info : il n’y a que très peu de chances pour que la loi concernant l’ouverture des jeux en ligne ne soit prête au 1er janvier 2010 comme prévu. Au poker, on considèrerait qu’on n’est pas encore « drawing dead »
(NDLR : tirage perdant) mais qu’on est très proche d’un « 1 out sur la river »
(NDLR : une carte gagnante soit 98% de chances de perdre).
Ce mardi 21 juillet, cette fameuse commission a donc statué, entre autres, sur un point précis qui pose de nombreux problèmes : le « droit de propriété de l’organisateur d’évènements sportifs ». En clair, chaque site qui souhaite proposer un pari sur un évènement sportif doit avoir un contrat l’y autorisant avec l’organisateur. Cette décision a été prise sur de bons sentiments, on peut citer par exemple "préserver l'intégrité du sport", "mieux encadrer les paris" ou encore "éviter les trucages".

Il faut dire que cette position est défendue par le gouvernement et par le monde sportif. Le rapporteur est Jean François Lamour. Il cumule les 2 casquettes : double champion olympique, champion du monde de sabre, difficile de remettre en cause sa compétence sportive pas plus que sa légitimité politique puisqu’il est élu du peuple. Mais étant un champion de sabre, il semble que son devoir politique ait pris le pas sur sa qualité de sportif de haut niveau.
En effet, si l’organisateur dispose des droits de pari, il est libre de choisir qui peut en prendre sur son évènement. Passons sur les possibles conflits juridiques pouvant découler de qui est organisateur (un match de championnat de France de foot est organisé sous l’égide de la FFF ? De la Ligue ? Mais le vrai organisateur concrètement n’est il pas le club qui reçoit ?). Il reste néanmoins la question suivante : sur quels critères un organisateur va autoriser la prise de paris ? Bien entendu il faudra qu’il soit légal en France mais pour le reste ? Il a donc le droit de « vendre » la prise de paris sur son évènement. Et qui va payer ? Le joueur, encore le joueur, toujours le joueur.
Vous pensez que c’est peu probable ? Non, ceci fait parti d’un amendement déposé par M. Lamour lui-même ! Et quand on voit la réponse faite dans Les Echos par Mme Parize, directeur général de Mangas Gaming (BetClic), on n’a aucun doute :
« l'ouverture à la concurrence des jeux en ligne peut favoriser le financement direct de tous les sports par les opérateurs, comme on a pu le voir en Italie, où les montants versés au sport ont plus que doublé avec la fin du monopole. A condition que les pouvoirs publics soient les seuls garants de la répartition des taxes prélevées sur les mises, et que ne soient pas institués d'autres prélèvements obligatoires (droit au pari) au profit des organisateurs d'événements sportifs, prélèvements qui ne profiteraient qu'aux sports les plus médiatiques (football, tennis) »
Ben oui M. Lamour, les opérateurs vont payer pour les sports populaires et pas pour les autres dont les revenus seront moindres. Vous faisiez quel sport ?
Pour finir sur une bonne nouvelle, si les parieurs peuvent s'inquiéter, les joueurs de poker peuvent se réjouir de l'amendement "CF282" proposé par le rapporteur M. Lamour et adopté par la commission qu'il présente comme ceci (source debats-parlementaire.fr) :
"Le fait que les prélèvements fiscaux soient assis sur les mises des joueurs ne présente pas de difficultés particulières pour les paris hippiques et les paris sportifs, mais ce choix se révèle inadapté dans le cas du poker en ligne, où ce prélèvement sur les mises pourrait compromettre la rentabilité des opérateurs légaux et pousser les joueurs à leur préférer les sites illégaux. L’amendement CF 282 propose donc de plafonner le prélèvement fiscal, s’agissant du seul poker en ligne, à 0,90 euro par donne."Ce à quoi M. le Ministre a répondu :
"Avis favorable"Photo de M. Lamour : tempsreel.nouvelobs.comPhoto de M. Woerth : aid97400lautre.fr