
Les faits : 3 groupes de casinos français à savoir Barrière, Tranchant et Joa (représentant quand même 104 des 197 casinos « en dur » établis légalement sur le territoire) portent plainte contre 4 opérateurs du jeu en ligne à savoir
Bwin, Unibet, Sportingbet et
888 (que nous appellerons cybercasinos, comme dans l’article de référence) pour concurrence illégale (pourquoi pas les autres, on sait pas ... peut être ces 4 là ont été tirés au sort ?).
Cette frontière du ridicule peut être franchie rapidement des 2 cotés :
- Concernant les « cybercasinos » :
Chip Lead ne se prononcera pas à la place des juges sur la partie technique du droit invoquée par les avocats de
Bwin (Olivier Gutkes) et de Sportingbet (Martine Karsenty-Ricard) qui déclarent que les sites étant basés hors de France, ils ne sont pas attaquables. Mais il faut quand même se rendre à l’évidence : la faute incriminée est constatée en France et concerne des joueurs français jouant depuis la France. De même, le conseil d’Unibet (Dominique Santacru) devrait certainement réfléchir avant de déclarer
"ce dont ils se plaignent - violation de l'activité de maisons de jeux ou pertes de recettes fiscales pour l'Etat qui par ailleurs leur impose une lourde fiscalité - relève de l'ordre public et de la protection de l'intérêt général". Parce que l’ordre public et l’intérêt général ont été reconnus « raison légitime » pour maintenir un monopole par la cour européenne en septembre dernier dans l’affaire Santa Casa contre
Bwin.
- Concernant les casinos français :
Qui va réellement croire à quelques mois de l’ouverture officielle du marché que les 3 groupes de casinos français ont une quelconque chance d’obtenir gain de cause dans leur plainte contre ces « cybercasinos qui seront légaux dans peu de temps ?
-Pourquoi parle-t-on de préjudice subit par ces casinos alors qu’eux mêmes sont incapables de le chiffrer ?
Comment les groupes Barrière, Tranchant et Joa peuvent se sentir investis d’une mission de service public uniquement parce qu’ils ont obligation respecter des règles et d’avoir un espace de restauration en échange de leur autorisation d’exercer ?
On peut comprendre que les enjeux financiers sont énormes, que la concurrence va être rude pour tous et on sait que les lobbyings fonctionnent à plein régime mais que d’énergie dépensée pour pas grand chose alors qu’il y a aussi des enjeux sociaux tellement importants !
Source Pierre-Marie GIRAUD (AFP)
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