
A défaut d’être décisive, Philippe Germond, PDG du PMU, a qualifié l’année 2010 de « stratégique » dans le cadre de la diversification des activités de l’entreprise. Il faut dire que l’entreprise française, numéro deux mondial du paris hippiques a de sérieux atouts dans sa manche.
Une situation financière saine qui rend le PMU attractif.La première force du PMU est bien entendu sa bonne santé financière. Avec plus de 9,3 milliards d’euros de chiffre d’affaire et un résultat net de 731 millions d’euros en 2009, l’entreprise a les capacités d’investissement nécessaires à l’entrer sur ce marché concurrentiel. Conséquence directe, le PMU est attractif pour les acteurs majeurs du secteur. Et ce critère est important pour une société qui se lance dans des métiers qui ne sont pas les siens à l’origine.
A l’instar d’autres opérateurs, le PMU a misé sur des partenariats solides avec des opérateurs professionnels : c’est Party Gaming qui fournira l’offre « poker » et le bookmaker irlandais Paddy Power qui assurera l’offre « paris sportifs ».
Une base solide pour une offre en ligne. Même si ses connaissances sont limitées dans le poker et le paris sportif, le PMU montre déjà une maîtrise certaines dans le pari en ligne. En effet, il affiche une progression de 20% sur son activité en ligne avec déjà 300.000 joueurs actifs. Mieux, des études internes auraient montré que 17% de ses clients sont aussi joueurs de poker.
Pour continuer à développer cette activité, la société continu de miser sur des partenariats. Ce sont cette fois des médias nationaux qui sont concernés pour assurer à l’opérateur un maximum de visibilité : RMC, TF1, RTL…
Une législation favorable.La loi votée le 6 avril oblige en effet les opérateurs illégaux à remettre à zéro les bases de données de leurs joueurs. Cette mesure ne s’applique évidemment pas aux opérateurs autorisés, ce qui leur donne un avantage certain.
Philippe Germond apprécie aussi la nouvelle taxation sur les paris hippiques : avec « une taxe de 7,5 % sur les paris hippiques, nous devrions faire une centaine de millions d'euros d'économie en année pleine ». Cette pourrait être utilisée pour le développement des activités annexes.
Des projets très avancés et des objectifs clairs.Le 3 mai sera une date importante pour le PMU. Ce jour là, il lancera une nouvelle version améliorée et simplifiée de son site internet. En même temps, une carte de paiement verra le jour et permettra de jouer aussi bien d’un point de vente classique que du site internet, de la TV interactive. Enfin le parieur pourra jouer de son téléphone puisque une application pour iphone assez complète est annoncée.
Pour toutes ces raisons, Philippe Germond se fixe comme objectif d’être en 2011 parmi les 3 premiers opérateurs de paris sportifs et de dépasser le milliard d’euros de chiffre d’affaire en ligne.
En conclusion : aux vues des forces et moyens à disposition ceci semble très réalisable.
Pourtant deux facteurs pourraient contrarier les plans du PMU.
Le premier est sa forme juridique. Étant en GIE, la société ne pourra faire d'acquisitions ce qui semble inéluctable pour être un acteur dans les années à venir.
Le deuxième concerne les concurrents. D'une part, la FDJ bénéficie des mêmes avantages, de la même solidité financière et est aussi très attractive. D'autre part, les autres opérateurs ne sont pas dénués de moyens, ont une expérience nettement supérieure à celle des opérateurs légaux et ont la maîtrise de leur propre logiciel.
Sources :
Le Monde,
Le figaro.fr et
l'AFP