
La publicité pour des sites de jeux d'argent en ligne ne disposant pas de licence d'exploitation en France reste interdite. Si l'Etat, par l'intermédiaire du Ministère du Budget, a condamné les publicités passées sur plusieurs radios, aucune action ne semble avoir été entreprise par la Police des Jeux. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) se montre moins tolérant.

C'est une situation assez originale et cocasse : le CSA demande à RMC de respecter la législation, là où la police elle-même n'intervient plus...
L'AFP annonce ce jour que l'autorité qui régit le monde de la presse et des médias a demandé à la radio RMC de respecter cette législation, précisant que la publicité pour des jeux d'argent en ligne ne sera autorisée qu'au 1er janvier 2010. En cause, l'annonce d'un partenariat avec Unibet pour une série d'émissions intitulées les "Paris de RMC" (conseil sur les paris sportifs).
Il faut dire que l'annonce il y a quelques jours d'un partenariat entre RTL et un site de paris sportifs a fait son effet. Mais ce site est bien légal lui puisqu'il s'agit de la Française des jeux.
Les autres acteurs devaient réagir : des publicités ont alors été diffusées sur les ondes ( pour BetClic sur Europe1) et des campagnes sur le thème "Jouons libre sur BetClic" ont été publiées par les gratuits "Directmatin" et "Metro". Rappelons aussi que Metro a déjà signé fin 2008 une campagne de presse avec Unibet. Bien sûr, l'Etat a condamné ces initiatives et a annoncé qu'il réfléchissait aux moyens juridiques nécessaires pour faire respecter la législation, mais ça ressemble plus à un effet d'annonce car d'ici à ce que ces moyens soient débattus, votés et appliqués, il y a fort à parier que le marché sera ouvert.
Le CSA a plus de moyens, pouvant en effet sanctionner (après mise en demeure) les radio et télés qui ne se plieraient pas à ces consignes. Et son pouvoir inquiète puisqu'après avoir reçu une "mise en garde" de son autorité de compétence, Europe 1 semble plus réservée à l'idée de repasser un message promotionnel pour BetClic et que RMC, qui n'a reçu qu'une "lettre simple", demande au CSA d'être reçue avant de prendre une décision sur ce dossier. L'argument semble en tous cas largement recevable : pourquoi des radios, dont le marché publicitaire n'est pas au mieux, seraient sanctionnées alors que d'autres médias, titres de presse ou télés, et que de nombreux sites internet en font la promotion sans être inquiétés ?
Et si ce début d'affaire amenait les autorités françaises à déclencher une opération de répression de grande envergure ? Auquel cas, les paris sportifs ne seraient pas les seuls visés, le poker serait aussi dans le collimateur.